Des mondes en lutte(s)


Des mondes en lutte(s) s’en va, Isegoria naît
Mercredi 19 septembre 2007, 21:36:06
Classé dans : Blog

Des mondes en lutte(s) est mort, vive Isegoria !

Vous aimiez Des mondes en lutte(s), rien n’assure que vous aimerez Isegoria,
Mais rien ne vous empêche de tenter l’expérience…


Allez, ne versons pas dans l’émotion exagérée, dans la joie orchestrée, dans le discours solennel. Ouvrir un nouveau blog, cela n’a rien d’officiel. On ne va pas faire sauter le bouchon d’un magnum de champagne pour un non-évènement. En plus, ce n’est pas mon premier blog. C’est une simple évolution. Dans le juste cours des choses, après presque quatre mois d’un silence salvateur. Alors, juste pour "marquer le coup", voilà quelques petites choses, au passage.

Les blogs sont-ils morts ? Je n’en sais rien. Et à vrai dire, je me fous totalement de ce genre de débats sans fond, de ces verbiages sans consistance. En débattre, c’est déjà montrer le signe de la vitalité de la blogosphère. Tout ce que je vois, c’est que le blog est, à mon sens, l’outil libre, citoyen et (presque) gratuit qui permet le plus facilement de s’exprimer. Il permet surtout de faire vivre la devise qui trône fièrement en haut de page du Canard enchaîné : La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas. C’est tout. Et c’est déjà beaucoup. Isegoria, c’est ma façon de prendre part au débat public, de m’en imprégner tous les jours. Et, modestement, et si possible, d’y apporter, tout au plus, un autre regard. Pas un regard de plus, je l’espère. Mais un autre…

Alors pourquoi Isegoria ? Pourquoi abandonner Regard sur… ? J’ai envie de dire, comme ça. Pour changer. Avant tout, c’était pour avoir un outil et une plateforme plus libres. J’ai signé avec DotClear et Gandi. Mais j’aurais pu seulement déplacer l’ancien blog. Résultat j’ai tout changé. Pour retrouver le goût incomparable de la joie du gosse qui s’amuse avec son nouveau jouet. Pour ressentir le plaisir, au moment où tout le monde court après la starisation pipolaire et/ou l’audience lemeuresque, de reprendre tout à zéro, de retourner à la racine, tout en bas. Comme un défi. Tout recommencer. Petit pied de nez, avec un grand sourire. Et aussi, un peu, pour évoluer. Après le regard, voilà la parole avec Isegoria. Un pas de plus, symbolique certes, dans l’engagement, peut-être.Pour être plus complet, plus divers. Plus écologiste. Plus utopiste, sûrement. Plus mûr, allez savoir. Dans la vie, à tous les âges, on grandit, on apprend. Un blog doit pouvoir suivre ces pages qui se tournent. Pourquoi Isegoria ? En fait, il n’y a qu’une seule vraie réponse. Parce que j’aime ça !

Pour le reste, rien de bien révolutionnaire (je parle de la forme, s’entend !).

Pour tous, à très bientôt, je l’espère. Pour partager, dialoguer, et peut-être découvrir, et même pourquoi pas, y prendre du plaisir. Et puis, n’oublions pas, (re)prenons la parole pour construire un monde écologique, humain, solidaire et fraternel dans lequel nous sommes des acteurs libres et non des spectateurs ou des témoins désabusés. Rêvons, mais rêvons éveillés, car l’utopie d’aujourd’hui sera la réalité de demain… !



Les Kogis, quand un peuple se meurt
Mercredi 14 février 2007, 18:25:44
Classé dans : Colombie, Kogis
Le peuple des Kogis fait partie des derniers peuples racines, que certains nomment à tort des peuples archaïques. Encerclés par les conflits colombiens, les Kogis pourraient bien disparaître.

La civilisation précolombienne des Tayronas a été décimée au XVIème siècle par une poignée de conquistadores. Des 500 000 hommes et femmes que comptait cette civilisation, il ne reste plus aujourd’hui que quelques héritiers, les peuples Aruacos, Arsarios, Wiwas et Kogis. Au total, 25 000 personnes qui vivent repliées sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta, montagne cotière du nord est colombien qui culmine à près de 5 800 mètres.

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Qui sont les Kogis ? Les Kogis forment une société humaine aux valeurs remarquablement préservées depuis des millénaires. Si les 800 000 Indiens qui peuplaient la Colombie en 1991 étaient considérés comme des mineurs, sans identité et placés sous la tutelle de l’Eglise, la Constitution de 1991 leur a offert un statut juridique et une relative autonomie.

Dans cette société pacifique, égalitaire et démocratique, on ne trouve pas de chef ou de hiérarchie et les décisions sont prises par la collectivité. La pauvreté et la violence n’ont pas leur place. Toute la société des Kogis est restée organisée autour de valeurs philosophiques et spirituelles intenses. Cette sagesse de l’esprit mise en avant leur permet de vivre en harmonie avec la nature, avec cette montagne qui est pour eux “le centre du monde” ou “la mère terre”. Voilà ce qui anime les Kogis, le Yuluka, l’harmonie, la mise en accord des êtres et de leur environnement. Les Kogis tissent des liens entre les individus, ils associent les contraires, ils cherchent l’équilibre. Pour eux, il faut bien penser sa vie pour bien vivre.

Les travaux des anthropologues dans les années 1950 ont permis de découvrir une société jusqu’à lors presque inconnue. Et l’on a compris que ces sociétés avaient un haut niveau de développement, comparable à celui des Mayas ou des Incas.

Mais ces sociétés nous surprennent. En effet, les Kogis ont choisi de vivre en reclus, isolés du monde, loin de la modernité. Pour eux, nous sommes des “petits frères” qui ne pensent pas car nous détruisons notre monde. Les Kogis ont choisi de vivre sans économie et même contre l’économie qui bouleverse l’équilibre social.

“Ils tuent le monde [...] ils détruisent la terre, lui enlève son sang. Le sang c’est un peu comme l’eau des torrents, elle vient des sommets, comme le sang qui vient du cœur. Si nous ne faisons rien, bientôt il ne restera qu’une peau vide et quelque os. Nous ne pouvons pas laisser mourir la terre, nous devons la sauver pour nos enfants, nous devons étudier et étudier encore pour savoir comment réparer ses blessures. [...] Nous allons perdre notre force, notre énergie. [...] Si nous perdons ces connaissances, si les jeunes n’apprennent plus, ils vont devenir sourdes et aveugles. Ils ne sauront plus parler avec la nature.” Miguel, chaman kogi.

Pourtant, cette société ne vit pas repliée sur elle-même en condamnant nos comportements et nos pensées. Les Kogis sont prêts à nous enseigner leur sagesse, à nous faire partager leur savoir et à nous aider à inventer notre futur et à vivre en harmonie avec le monde.

Eric Julien, géographe de formation et ancien guide de montagne, a été frappé par un oedème pulmonaire lors d’une course dans la Sierra. Les Kogis l’ont recueilli et soigné. Dès lors, Eric Julien a décidé de consacrer sa vie pour aider ce peuple. Il a fondé l’association Tchendukua Ici et Ailleurs qui tente de trouver des fonds en Europe pour racheter des terres pour les Kogis. Pour l’instant, 1 500 hectares ont pu être rachetés.

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La terre, un problème central : C’est bien la terre qui est un enjeu majeur pour les Kogis. La société kogi ne fait pas la différence entre l’Homme et la Terre. L’Homme naît de la terre, il vit avec elle, il base ses rituels sur la terre et y retourne après sa mort. La terre est la mémoire des Kogis. Or, en trente ans, 70 % des terres ont été prises à ce peuple qui est obligé de se replier dans les montagnes les plus hautes et les plus hostiles. Pour eux, la perte définitive de leurs terres serait l’annonce de leur mort.

Quels dangers pèsent sur les Kogis ? Or, les pressions ne manquent pas sur les terres des Kogis. Après la colonisation européenne, ce sont les conflits colombiens qui pourraient faire taire à jamais ces peuples.

D’abord, ce sont les paysans sans terre qui font pression pour prendre aux Kogis leurs terres. Ensuite, les conflits qui opposent le pouvoir central et la guérilla font des Kogis des prisonniers de la terreur. Les groupes de la guérilla, FARC ou ELN, sont repoussés dans les montagnes par des paramilitaires envoyés par un gouvernement qui avait promis une politique de fermeté face aux rebelles. Gentil Cruz, “frère de coeur” d’Eric Julien a par exemple été séquestré, torturé puis assassiné par des paramilitaires d’extrême droite. Puis, ce sont les pilleurs de tombes et les narcotrafiquants qui prennent le relais. Pillages de terres, viols, attaques de villages, libre circulation entravée, les Kogis sont condamnés au silence par les violences.

Enfin, les projets de construction de téléphériques dans un parc national, déclaré réserve de la biosphère par l’UNESCO, menacent les terres des Kogis.

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Les Kogis, un peuple du passé ou un vecteur de notre avenir ? Face à ce peuple, les occidentaux ont tendance à penser qu’il s’agit d’individus rétrogrades, repliés sur leurs traditions ancestrales et ancrées à jamais dans un passé lointain.

“On ne peut pas qualifier d’archaïque une société qui veut garder sa mémoire, hautement démocratique, où la pauvreté n’existe pas, dont les membres tentent de vivre mieux ensemble, en paix, à leur juste place, où la femme est respectée, et où la finalité de vie est d’être heureux.” Eric Julien.

Mais les Kogis sont-ils vraiment des témoins d’une Humanité révolue ? Je ne le crois pas. Les Kogis ne doivent pas être des témoins silencieux emportés par l’Histoire, l’Histoire avec sa grande hache comme le disait Georges Perec. Les Kogis ne peuvent être réduits au rôle de miroir qui nous reflète ce que nous ne sommes plus. Les Kogis sont les gardiens de notre Humanité et de ses valeurs. Les Kogis portent en eux notre futur. Je suivrais les mots d’Eric Julien : “Je suis persuadé que notre propre avenir passe par la réintroduction, dans nos sociétés modernes, des principes de vie qui fondent les sociétés racines.”

Cet article a été publié chez Agoravox.



Des mondes en lutte(s), qu’est-ce que c’est ?
Samedi 3 février 2007, 17:25:39
Classé dans : Blog
Des mondes…

Nombreux sont les hommes et les politiques qui ont voulu et veulent nous faire croire que le monde est un, que l’on doit y faire régner l’hégémonie, que six milliards d’individus doivent vivre sous la même bannière. Mais le monde n’est en rien uniforme. Il n’y a pas un monde.

Il n’y a que des mondes, des mondes regroupés sur une même Terre. Les problèmes environnementaux globaux qui s’annoncent nous le font comprendre, il n’y a pas de solution unique. Face à un enjeu majeur, il y a plusieurs réponses et toutes doivent être adaptées à leur contexte et aux hommes qui la feront vivre. De la même manière, inutile de chercher la vérité, elle n’existe pas. Il n’y a pas de vérité là où il n’y a que des réalités.

Ce qui fait notre unité, c’est donc le fait de vivre sur la même planète et de constater, quoique l’on en dise, que le même sang coule dans nos veines, que nous sommes tous humains. Pour le reste, la diversité règne et c’est là notre seule richesse… Chaque homme, chaque femme, chaque être est un monde en soi.

… en lutte(s) :

Il n’y a plus aujourd’hui qu’un seul clivage qui fait sens, celui qui voit s’opposer l’ancien monde et les nouveaux mondes. Et entre cet ancien monde qui engendre tous les jours un peu plus sa propre mort et ces nouveaux mondes libres, résistants et novateurs, les luttes ont déjà commencé.

Pourtant, il ne faut pas voir dans ces luttes une grande unité. Là encore, la diversité est de mise. Ici, on se bat pour conserver un mode de vie, là-bas pour faire émerger une contre-culture, ailleurs pour détruire des dogmes qui se font passer pour péremptoires… Luttes violentes ou symboliques. Luttes politiques, sociales, économiques et avant tout humaines. Partout, des armes différentes. Partout, des individus uniques. Partout, des rêves différents.

Partout pourtant, une aspiration, l’envie de lutter, la volonté de combattre, le désir de vivre en paix, en harmonie avec son environnement, en toute liberté.

Si toutes ces luttes sont par nature différentes, il est essentiel de les observer, de s’en imprégner, de s’en inspirer pour mener à bien, à notre tour, notre (r)évolution, celle des esprits et des consciences. Pour que nous fassions naître ce changement profond qui doit voir le jour, sans violence et sans heurt. Regarder pour apprendre des réussites, ne pas reproduire les erreurs et surtout, ne pas voir rejaillir le sang et les cris.

Alors pourquoi ce blog ?

Ici, il n’est pas question de regarder avec empathie ou mépris ces luttes. Le but n’est pas de vivre par procuration ces combats, de lever le poing en pensant à ces terres lointaines. Nous ne sommes pas Palestiniens, nous ne sommes par Birmans, nous ne sommes pas Mexicains… Notre seul devoir est de regarder et de comprendre, pas de distribuer des blancs-seings et de fermer les yeux en continuant à (sur)vivre.

Le but n’est pas non plus de cracher sur la violence, qu’elle soit symbolique ou physique, sans jamais se départir de notre contexte français, européen et occidental. Il faut analyser, étudier les tenants et les aboutissants des luttes, dans leurs contextes. Pas pour justifier ou pour excuser, mais pour comprendre, pour apprendre. Il ne sert à rien d’adopter une posture morale qui tendrait à dire que la violence est par nature mauvaise, sans regarder plus loin. Les plus grands pacifistes ont su le comprendre, Martin Luther King en expliquant que « les barricades sont la voix de ceux qu’on entend pas » et Gandhi disant : « Je crois en vérité que s’il fallait absolument faire un choix entre la lâcheté et la violence, je conseillerais la violence. »

Regardons ces résistances pour qu’à notre tour, nous changions ce monde, qu’à notre tour nous changions de mondes… C’est bien à nous de construire autour de ces luttes, d’en faire le terreau de nos réflexions, de faire qu’elles portent en germe un changement mondial, c’est à nous de nous saisir de nos destinées.

Mais pour comprendre, encore faut-il pouvoir saisir l’insaisissable, encore faut-il vouloir voir l’invisible. Parce qu’il ne peut y avoir révolution que là où il y a conscience. Voilà le but de ce blog, prendre le temps de regarder enfin le monde, pas celui dans lequel nous croyons vivre, mais ceux qui vivent et résistent jour après jour, partout, tout le temps, ailleurs. Mettre un peu en lumière ce qui reste toujours tapi dans l’obscurité et ce que l’on ignore, par volonté ou par indifférence.

Regarder ces mondes. Parce que nous pouvons changer. Parce que nous devons changer. Parce qu’il est temps de vivre en hommes debout et de comprendre que nos vrais ennemis sont en nous-mêmes.



Karens, les derniers rebelles - 1
Samedi 3 février 2007, 17:20:57
Classé dans : Birmanie, Karens
Dernier bastion de résistance à l’oppression de la junte militaire birmane, les Karens luttent pour leur liberté depuis 1948. Le bras de fer entre la guérilla karen et l’armée birmane mène à des exactions sans nom qui plonge la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande dans une crise humanitaire grave.

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1. Portrait d’un peuple

La Birmanie ou Myanmar, nom donné par la junte militaire, est une République fédérale composée de sept divisions et de sept états peuplés majoritairement de non birmans. L’un de ces états est l’état Karen, situé dans les jungles des montagnes de l’Est, à la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande. Ces habitants, les Karens, les « hommes » l’ont baptisé en 1950 le Kawthoolei, le « pays de la félicité ».

Les Karens forment un peuple d’origine tibéto-birmane. On compte aujourd’hui près de 7 millions de Karens, dont 4 millions dans la plaine de l’Irrawaddy, 2 millions dans le Kawthoolei et 1 million disséminé dans plusieurs états voisins.

Le peuple karen n’est donc en rien homogène car il est éparpillé en de nombreuses tribus. On compte également 12 groupes ethniques répartis dans deux grands groupes, les Karens blancs de la plaine et les Karens rouges montagnards. Près de 10 à 15 % des Karens, principalement les Karens blancs, sont chrétiens, les autres sont animistes ou bouddhistes.

Leur économie ne repose pas sur le commerce de la drogue comme chez beaucoup de peuples du « triangle d’or ». Les Karens condamnent et punissent d’ailleurs sévèrement un tel commerce. L’économie karen est en grande partie basée sur une agriculture polyculturelle et vivrière.

A l’aide des éléphants, ils travaillent dans les forêts dont ils exportent les bois tropicaux, les minerais et les pierres précieuses. Mais le peuple karen a conscience de son environnement et, à chaque arbre coupé, on replante systématiquement un jeune arbre, ce qui permet d’éviter la déforestation et de préserver le patrimoine écologique.

A lire : le site Internet en anglais du Kawthoolei



Karens, les derniers rebelles - 2
Samedi 3 février 2007, 17:15:31
Classé dans : Birmanie, Karens
2. Myanmar - Kawthoolei ou l’histoire d’un bras de fer

Fixé dans les plaines vers 730 avant J-C, ce peuple vivra en paix jusqu’à l’arrivée des birmans. L’histoire de ce peuple est donc particulièrement enrichissante car elle permet de comprendre comment un peuple pacifiste a décidé de prendre les armes et de rentrer en résistance pour assurer sa survie.

Lors des campagnes du Pacifique qui ont opposé entre 1941 et 1945 les Alliés aux Japonais, la Birmanie a soutenu le Japon alors que certaines tribus, dont les Karens, se voyaient fournir des armes par les britanniques pour mener une guérilla contre l’occupation. La BIA (Burma Independance Army) a commencé à commettre des exactions contre les Karens, officiellement parce que les Karens étaient accusés, à tort, d’être des espions anglais, et officieusement pour faire cesser cette lutte pilotée par les Alliés et cette évangélisation chrétienne menée par les Anglais. Dès lors, les minorités ont voulu s’organiser. En 1947, naissent la KNU (Karen National Union) et l’armée de la KNDO (Karen National Defence Organisation), puis en 1949 la KNLA (Karen National Liberation Army). En 1947, l’Angleterre quitte le pays sans aider les minorités sur lesquelles elle s’appuyait. Nombre de chefs déplorent aujourd’hui ne pas avoir reçu des occidentaux « la reconnaissance de leurs convictions anticommunistes. »

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Soldats de la Karen National Liberation Army

Le général Aung San, premier responsable politique après le départ des Alliés, propose un projet de constitution qui prévoit « qu’après une période de dix ans, chacun des groupes ethniques de la fédération sera en droit de se séparer de l’union et de reprendre sa totale indépendance ». Malgré un succès électoral, le général et six de ses ministres sont assassinés. U Nu, premier Premier ministre de la Birmanie indépendante, prend le pouvoir et déclare l’indépendance du pays le 4 janvier 1948 et plonge le pays dans le chaos.

Après avoir manifesté pacifiquement pour demander leur indépendance immédiate et avoir affronté la répression sanglante de l’armée, rapidement, la guérilla karen anti-japonaise se transforme en guérilla contre le pouvoir central birman. Et l’afflux d’armes venues des Alliés ou des stocks japonais plonge le pays dans une véritable guerre civile interethnique.

Les Karens prennent alors le contrôle de leur Etat et décident d’organiser leurs forces. En réaction, junte birmane soumet le pays à un régime de terreur qui voit se multiplier les arrestations arbitraires, les assassinats, les pillages et les viols. Malgré tout, l’armée ne parvient pas à venir à bout de la détermination karen qui adopte le modèle de la guérilla pour espérer vaincre les troupes de Rangoon.

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Le général Bo Mya, chef de l’insurrection karen de 1976 à 2000

Dix ans après la promesse faîte aux minorités ethniques, lorsque le pouvoir en place revient sur les engagements de ses prédécesseurs, tous rejoindront la lutte armée. En 1962, un nouveau coup d’Etat militaire instaure « la voie birmane vers le socialisme ». Les fausses négociations menées jusqu’à lors sont rompues et l’unité s’achève dans les rangs minoritaires. Dès lors, Rangoon se lance dans une véritable entreprise de purification ethnique. Et, un par un, les sécessionnistes vont rejoindre le pouvoir central, grâce à des promesses malsaines comme la possibilité de poursuivre le commerce de la drogue sans être inquiété. Des barons de la drogue mondialement recherchés, comme Khun Sa, ont officiellement rendu les armes et ne sont plus inquiétés.

Seuls les Karens ont résisté jusqu’à ce jour alors que Myanmar, qui a su diviser pour mieux régner, a pourtant le champ libre et concentre toutes ses forces sur ce seul front. On dit d’ailleurs de cette insurrection qu’elle est la plus ancienne au monde.

En 1976, le général Bo Mya, président karen et chef de l’insurrection de 1976 à 2000, mort le 24 décembre 2006, regroupe les 30 000 hommes de la guérilla autour du NDF (National Democratic Front). En 1988, la junte militaire, incapable de faire cesser la contestation née d’une révolte étudiante, institue une loi martiale qui encourage un peu plus la répression. En 1989, Aung San Suu Kyi, fille du général Aung San et porte-parole de l’opposition est placée en résidence surveillée. Elle s’y trouve encore actuellement.

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Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991

La junte militaire a mené en 1995 une vaste opération contre les centres de résistance. Manerplaw, centre névralgique de la guérilla karen est totalement anéanti et la résistance perd une réelle bataille.



Karens, les derniers rebelles - 3
Samedi 3 février 2007, 17:10:37
Classé dans : Birmanie, Karens
3. Un drame humain

La vague de répression massive menée par la junte birmane par l’intermédiaire du SLORC (State of Law and Order Restoration Council) puis à partir de 1997 du SPDC (State Peace and Development Council), a toujours été marqué par une violence sans borne. Le but est bel est bien d’anéantir un peuple qui ne demande qu’à vivre librement. Parmi les crimes commis et avérés, on sait que l’armée a placé en 1996 près de 75 000 karens dans des camps de concentration, que les femmes et les fillettes ont systématiquement été violées, que les greniers à riz et que les forêts étaient brûlées et que les routes étaient bloquées pour éviter l’arrivée de renforts ou même de secours internationaux.

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Ces opérations n’ont qu’un seul but, affaiblir une population qui lutte encore et toujours. L’Union nationale karen a depuis longtemps abandonné ses envies d’indépendance et elle demande simplement une autonomie. Le SLORC avait accepté à condition que les Karens soient placés d’abord dans des camps contrôlés par l’armée. Les Karens ont toujours refusé cette situation et ont continué à se battre, même s’ils sont bien conscients qu’ils ne sont qu’une poignée de maquisards armés sur la marché noir thaïlandais. Le peuple karen demande aujourd’hui trois choses : que l’on dénonce le trafic de drogue, que l’on force le régime à dialoguer démocratiquement et que l’on condamne les atteintes aux droits de l’Homme perpétrés par Myanmar.

"On ne peut pas négocier quand la partie adverse vous traite en esclave. Et pourtant, nous ne voulons que l’autonomie. Aujourd’hui c’est l’impasse. Nous en sommes au stade de la survie. [...] Nous ne voulons pas que le monde nous voit comme des terroristes. Nous ne visons que lesm ilitaires et non les civils." Bo Mya

Le drame des enfants soldats : Le premier problème posé par cette lutte entre Myanmar et Kawthoolei, c’est la question de l’enrôlement des enfants dans l’armée. Pour fortifier ses troupes, Rangoon a doublé ses troupes et a enrôlé près de 70 000 enfants, ce qui fait du pays le premier recruteur mondial d’enfants soldats. Du côté des rebelles, les chefs de guerre affirment que les enfants ne se battent pas mais le Human Rights Watch (HRW) affirme qu’on compte 4000 enfants soldats dont 300 chez les Karens. Mais dans le cas des rebelles, selon l’association Info Birmanie Paris, ces enfants "se portent hélas volontaires parce qu’ils veulent se venger et libérer leur peuple". Les rares instituteurs précisent que sur les fiches remplies par des enfants de 11 à 13 ans, il est souvent inscrit que l’enfant veut pour son avenir s’engager dans l’armée de libération.

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Repas lors de la fête des martyrs karens dans un camp d’un bataillon de la Karen National Liberation Army


Témoignage de Ming, enfant karen mobilisé de force dans les troupes birmanes : "La junte leur voue une haine féroce. Elle les surnomme les Teignes. Un jour, les officiers m’ont obligé à violer une femme. J’ai refusé. Ils ont alors réuni six de mes amis près d’une mine et m’ont forcé à déclencher l’explosion. En une seconde, leur cervelle et leurs membres étaient pulverisés. On m’a obligé à nettoyer… Très souvent, les officiers nous demandaient : "Pourquoi est-ce que vous ne recrutez pas ces paysans karen ? C’est votre belle famille ou pas ?" J’ai encore refusé et l’adjudant Han Tum m’a frappé d’une trentaine de coups de barre de fer dans le dos."

Forçat ou réfugié : Pour les Karens, deux possibilités, rester dans le pays et travailler sous le joug birman comme des esclaves ou fuir en Thaïlande dans des camps surpeuplés, clandestins et soumis aux bombardements ou aux raids de la junte comme en mars 1998. Dans ces camps retranchés, la vie est misérable. D’autant plus que, submergées par les flux de réfugiés, les autorités thaïlandaises ne font rien pour arranger les choses et ne les reconnaissent pas comme réfugiés mais comme clandestins. Jusqu’à 1998, la Thaïlande tolérait ces camps sans signer la Convention relative au statut des réfugiés ce qui ne permettait pas au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés d’agir.

Olivier Weber, raconte le 29 août 1998 pour Grands Reporters et Le Point, ce qu’il a vu de l’attaque menée le 25 mars 1998 contre les camps de réfugiés karens : "Ils sont venus par une nuit de lune à motocyclette, à pied, en Jeep, tous feux éteints, et sont montés sur la colline dénudée pour surveiller la plaine endormie. A leurs pieds, le camp de réfugiés karens aux cahutes misérables, aux toits de branchage abîmés par le vent des montagnes et la mousson, ne se doutait de rien. A peine la lune montante éclairait-elle les canons des fusils. Vers une heure du matin, les assaillants surgis des ténèbres, des militaires birmans, ont déclenché le tir, mis le feu aux masures, crié dans les allées poussiéreuses "Tue, tue…". Des hommes sont transformés en torches vivantes et le camp de réfugiés de Wangkha, en Thaïlande, n’est bientôt plus qu’un immense brasier. Lors de cette attaque dûment planifiée, en mars dernier, on releva quatre morts dont deux adolescentes brûlées vives et plus de trente blessés. Apeurés, les réfugiés de Wangkha se sont enfuis dans la forêt. Aujourd’hui, ils sont de retour et vivent avec des regards craintifs dans les cendres de leur havre précaire."

Sur la vie dans les camps, vous pouvez lire deux sites particulièrement intéressants :

Article du comité catholique de lutte contre la faim et pour le développement

Article de Médecins sans frontière

Sur la question de la violation des droits de l’Homme en Birmanie, vous pouvez lire en anglais le site du Karen Human Rights Group.



Karens, les derniers rebelles - 4
Samedi 3 février 2007, 17:05:35
Classé dans : Birmanie, Karens
4. Que fait la communauté internationale ?

Quand on voit l’ampleur du drame qui se joue en Birmanie, on se demande ce que fait la communauté internationale.

En 1990, la communauté internationale a condamné la répression snaglante de 1988 à la suite de la révolte étudiante. La junte birmane a alors organisé des élections et le parti démocratique (National League for Democracy), mené par Aung San Suu Kyi, a obtenu 80.8 % des suffrages. Mais l’armée n’a pas voulu partir et a fait enfermé tous les leaders actifs de l’opposition. Beaucoup se réfugieront d’ailleurs à Manerplaw, QG karen, et fonderont le NCGUB, gouvernement parallèle qui devait préparer l’alternance.

En 1991, Aung San Suu Kyi reçoit le prix nobel de la Paix pour sa lutte non violente pour la démocratie et pour son souci de "réconcilier les régions et les ethnies fortement divisées de son pays".

En septembre 2005, l’ancien président tchèque Vaclav Havel et l’évêque Desmond Tutu créent un rapport intitulé "Menace pour la paix : un appel pour que le Conseil de sécurité de l’ONU agisse en Birmanie" et proposent au Conseil de Sécurité de l’ONU de prendre immédiatement en main la situation. Réponse, le 15 septembre 2006 la Birmanie est inscrite à l’ordre du jour permanent du Conseil de sécurité et en novembre, la junte birmane mise en accusation annonce la relance d’un projet de constitution tout en arrêtant de nouveaux opposants.

Guy Horton a écrit un rapport sur le génocide et les crimes contre l’Humanité en Birmanie intitulé "Dying Alive". Cet homme a passé cinq années en Birmanie à recueillir des preuves pour que la Birmanie soit amenée devant une cour criminelle internationale. Pour lui, le régime militaire fait 10 000 morts par an depuis 1948. Guy Horton demande d’ailleurs à ce que l’on qualifie ces actions de génocide selon la Convention du génocide de 1948, signée par la Birmanie en 1956.

Mais pourquoi la Birmanie reste impunie ? : La question n’est pas simple mais plusieurs réponses peuvent être facilement apportées. Aujourd’hui, la Birmanie semble intouchable et revient sur la scène internationale en intégrant l’ASEAN (Association des Nations du Sud Est Asiatique). L’économie birmane retrouve un second souffle, et ce, grâce à la drogue… Selon le Département d’Etat américain, la production de drogue a doublé depuis 1989 et le SPDC, c’est à dire le pouvoir en place, est responsable en grande partie de ce trafic allié à un blanchiment d’argent massif.

Mais la Birmanie, c’est une histoire de gros sous. Entre 1988 et 1997, cinq milliards de dollars d’investissements étrangers ont inondé le pays car les multinationales sont attirées par la richesse des ressources birmanes. L’autorité a encore accru sa répression dans l’Etat karen pour que cesse définitivement les troubles, en vain.

Total est un des plus gros investisseurs en Birmanie et a placé un milliard de dollars dans la construction d’un gazoduc entre la Birmanie et la Thaïlande. Total a demandé à la Birmanie de payer ses ouvriers puis a fermé les yeux devant l’usage massif de l’esclavage. Les soldes ont été allouées aux chefs de l’armée.

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Quel avenir pour les Karens ? :
Les Karens, divisés et terrorisés par un des états les plus sanguinaires qui soient, se sentent totalement épuisés et délaissés par le monde entier. Difficile de dire si la guérilla pourra tenir encore très longtemps. Ce qui est sûr, c’est que sans le soutien massif des ONG et des médias, les Karens vont manquer d’oxygène. L’oubli pourrait être le signe annoncé d’une mort future. Alors n’oublions pas et ne fermons pas les yeux.

A lire : le site d’Actions Birmanie



Capitaine Paul Watson, un pirate pour les baleines
Samedi 3 février 2007, 17:00:03
Classé dans : Paul Watson, Sea Shepherd Conservation Society
Dix navires coulés ou endommagés. Voilà le tableau de chasse du plus grand flibustier du 21ème siècle, le capitaine Paul Watson. « Pirate écolo », « œil du cachalot » ou « éco-guerrier », Watson est un activiste qui lutte pour la sauvergarde et la protection de la faune marine en pourchassant sur toutes les mers les navires baleiniers et les tueurs de dauphins et de phoques.

“Je ne vois pas pourquoi il serait anormal de risquer sa vie pour protéger les baleines. Après tout, il y a beaucoup de gens qui sont prêts à mourir pour leurs convictions”. Paul Watson

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Paul Watson est né en 1950 au Canada et il fut un des acteurs de la fondation de l’assocation Greenpeace. Après avoir servi l’ONG quelques années, il la quitte en 1977 car il la trouve trop prudente. Passionné et determiné, Paul Watson comprend qu’en matière de sauvegarde de l’environnement, parfois, le pacifisme ne change rien à la volonté des Etats, et il souhaite entrer dans un activisme plus marqué. Pour cela, il crée la Sea Shepherd Conservation Society. Et ni les arrestations, ni les peines de prison n’ont réussi à le faire changer d’avis. Paul Watson poursuit sa lutte.

Pourquoi s’est-il engagé dans cette lutte pour les baleines ? Paul Watson explique qu’en 1975, alors qu’il participait avec Greenpeace à une campagne contre les baleiniers de l’URSS, une expérience extraordinaire a changé radicalement sa façon de penser.

« En 1975, un cachalot blessé à mort a épargné ma vie, malgré l’agonie atrocement douloureuse que lui infligeait un harpon explosif reçu en pleine tête. Assis dans mon canot gonflable, j’ai plongé mon regard au fond du sien tandis qu’il s’éteignait à un mètre de moi et j’ai compris alors qu’il y avait un esprit dans ce grand corps intelligent. Cela a changé ma vie pour toujours.

Au départ, le grand cétacé avait attaqué mon bateau, après qu’il eut été frappé à la tête par ce harpon-grenade soviétique. Son corps s’est redressé hors de l’eau, me dominant de toute sa hauteur et prêt à m’écraser de son poids énorme en tombant. Mais dans cet oeil unique tourné vers moi, j’ai vu briller l’éclair d’une reconnaissance. Nous venions juste d’essayer d’arrêter le tir du harpon mortel et je crois que le cachalot l’a vu, qu’il a compris. Avec un énorme effort, il a fait en sorte de retomber de côté dans la mer et j’ai vu son oeil, qui me regardait toujours, disparaître sous la surface de l’eau. Le cachalot venait de mourir.

C’est à ce moment-là que j’ai pleinement réalisé à quel point la chasse à la baleine était une pure folie et à quel point le fait de prendre avec arrogance une telle vie, d’effacer en toute ignorance une telle intelligence, de détruire une si poétique beauté constituait un blasphème ignoble. »

Des pays comme la Norvège, le Japon, l’Islande ou la Russie, après plusieurs périodes de flottements, ont décidés de poursuivre les massacres de baleines qui sont tuées pour leur graisse qui sert à fabriquer des produits cosmétiques. Quant au reste des ossements et de la carcasse, tout est jeté car la consommation de la viande de baleine n’est plus d’actualité. Et même si les armateurs doivent contracter une assurance très coûteuse, cette chasse inutile persiste. Aidé par ses marins embarqués à bord de sa flotte, Paul Watson a donc décidé de poursuivre les bateaux qui chassent illégalement les baleines.

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Pour arraisonner les vaisseaux ennemis, Watson a fait installer 18 tonnes de béton dans la proue de ses navires et quelques piques qui permettent de déchirer la coque des baleiniers ou d’endommager les mécanismes qui font dériver les filets. Planté sur cette même proue, un drapeau pirate qui est l’emblème de son assocation. Pirate donc le capitaine Watson. Mais un pirate qui ne s’attaque qu’aux baleiniers qui violent le droit international. Si certains ont tendance à le voir comme un terroriste, Watson explique clairement pourquoi il a choisi la piraterie comme mode d’action.

“On nous appelle des pirates et ça ne me pose pas de problèmes. Si tu remontes au 16ème ou au 17ème siècle quand la piraterie régnait sur les caraïbes, c’était pas les marines anglaises ou espagnoles qui coulaient les navires. Ils étaient bien trop occupés à se droguer, ils étaient tellement corrompus. C’est le pirate Henry Morgan qui attaquait les autres bateaux. Si tu veux arrêter les pirates, il faut un autre pirate. Les gouvernements sont complètement impuissants dans cette histoire.” Paul Watson

A son actif, plusieurs autres activités. Lors de la chasse aux bébés phoques, il peignait la fourrure des animaux en rose pour la rendre inutile aux yeux des braconniers. C’est également lui qui prête ses bâteaux aux autorités de Galapagos pour qu’elles puissent patrouiller sur les côtes. Paul Watson a compris qu’il fallait médiatiser ses actions pour gagner l’opinion publique.

Paul Watson continue donc a écumer les eaux du globe pour faire cesser cette chasse illégale car elle constitue pour lui un crime contre la Nature et contre l’Humanité. Sa conclusion est claire : « Comme les océans seront tristes et vides, privés de leurs baleines ! Notre aliénation à l’égard de la nature sera totale si nous continuons à exterminer ces beaux géants uniques au monde. La vérité est que si nous ne pouvons sauver les baleines, nous ne pourrons pas nous sauver nous-mêmes”.

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